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jacques ellul

  • Un penseur alerte

    La prière, acte eschatologique, est à chaque instant combat contre la mort et le néant, pour ressaisir la trame de la vie (p.218)


    priere.jpgLes éditions de la Table ronde rééditent en poche (collection La petite vermillon) un texte de 1972 du penseur protestant Jacques Ellul (1912-1994) : l'impossible prière.
    Dans les pas du pasteur et théologien suisse Karl Barth, il s'explique le désaveu de la prière chrétienne par l'avènement de la société "technicienne-technicisée": la prière est devenue mécanique ou dépossédée de son but de réussite ou d'efficacité, quand ce n'est pas le manque de temps qui l'empêche.
    Ce constat est pour lui un signe eschatologique qui redéfinit l'utilité de la prière comme arme de résistance et d'espérance malgré la survenue, il le craint, du temps de déréliction où Dieu détourne sa face de toute créature.
    L'occasion également de redéfinir la nature de la prière de Jésus, valable en tout temps et tout lieu, acte de vigilance et orientée vers la volonté du Dieu-Père pour que l'@-monde n'ait pas le dernier mot et que l'immonde argent n'ait soumis toute vie donnée.
    Prier, pour enrichir et vivifier la foi, afin qu'elle perdure jusqu'aux jours du Fils de l'Homme...Un petit manuel qui donne encore force et courage , presque 50 ans plus tard,   à l'heure de la toute puissance technologique.   

     

  • De la nature de Jésus

    Il a été cet homme qui a partagé la souffrance de tout homme. Il ne s'est pas contenté de prêcher la justice, l'amour, la vérité. Il n'est ni un philosophe ni un gourou, il vient attester que la non-puissance est la seule voie véridique de l'homme...(p. 86)

     

    Jacques Ellul,Si tu es le fils de Dieu,éditions la Table Ronde,collection la petite vermillon,serviteur souffrant,tentations au désert,Christ,humanité de Jésus,Mahomet faux prophète,nature de Jésus,Mars 2026La Table Ronde, dans sa collection La petite vermillon, publie en poche "Si tu es le fils de Dieu - souffrances et tentations de Jésus", de Jacques Ellul.
    Dans une relecture éclairée des évangiles, l'auteur met en avant l'humanité du Christ et sa sensibilité accrue, qui l'ont amené à porter les souffrances et maladies de tous (du peuple israélien à toute l'humanité), en plus des trahisons ou reniements de ses disciples. Obéissant au Texte jusqu'à la mort sur la croix, il a refusé toute tentation de s'élever en puissance (se proclamer le Fils de Dieu) ou orgueil (défier le Satan par des miracles) et s'est toujours placé sous la coupe du Père, Le plus grand que soi.
    Jacques Ellul, converti qui mit son intelligence au service de l’Écriture,  milite pour une soumission et humilité totale de Jésus (à la fois Dieu et homme) en tant que chantre de l'amour absolu et miroir de Dieu, dont le cœur but le calice jusqu'à la lie, par unité.
    Cette démonstration sonne juste et épouse sur quelques points (Verbe de Dieu, serviteur souffrant,...) la version coranique de Jésus, que Jacques Ellul réfute cependant viscéralement. Les points de dogme divergent certes avec l'Islam (qui ne reconnaît ni la crucifixion ni la qualité de Fils de Dieu) mais il qualifie carrément Mahomet de faux prophète alors que ce dernier se place, comme Jésus, sous l'égide et la louange de Dieu.
    Le mystère Jésus sera peut être révélé un jour mais par l'exemple, à se prendre pour Dieu, connaissant ou puissant, on se coupe de l'autre (par supériorité) et de l'union possible avec lui, relation dans laquelle Dieu est, LUI, bien présent... 

  • Les points d'inflexion de l'Histoire

    Mais il faut bien comprendre alors que, si tout cela se réalise chaque fois qu'un saint de Dieu accepte sa vocation, cela l'engage dans un tout autre combat. Il y a le combat pour la justice, mais celui-ci est en réalité conditionné par un autre combat : celui que le saint doit mener contre lui-même. Car être saint, c'est être souffrant. Volontairement (p.680).

     

    Ethique-de-la-saintete.jpgPierre brute non retouchée, cette Ethique de la Sainteté, œuvre fleuve posthume de Jacques Ellul (911 pages écrites jusque mi 80) parue chez Labor et Fides alterne fulgurances et anecdotique, verbe et opinions, temporel et éternel.
    Philosophe et sociologue notamment de l'ère technique, Jacques Ellul (1912-1994) fut aussi un chrétien (protestant) engagé dans son siècle. Son analyse de l'être sain, séparé de la masse mais présent au monde, incarnant discernement et vérité, apportant un regard miséricordieux sur chaque prochain, stimule l'ardeur du quêteur spirituel. Son ouverture en conclusion, aux valeurs féminines de la vie (plutôt que le mode survie de la jouissance masculine) pour sauver ce monde de l'asphyxie, incombant aux chrétiens conscients d'une lecture eschatologique de l'époque, rappelle l'image du Dieu-mère si chère à Maurice Zundel et qui fut clairement un saint du siècle dernier.
    Même s'il convoque de nombreux philosophes/théologiens en paroles, c'est sa pensée qui séduit de prime abord, lorsqu'elle touche par l'intériorité et l'inspiration sainte. Une lecture parfois identitaire des deux testaments dessert par touches seulement cette éthique juste et originale de la sainteté moderne mais le brio de Jacques Ellul, son discernement christique, le surclasse dans l'exégèse biblique, particulièrement pour l'actualité cristalline de l'évangile. 
    Avec ce "pavé" déterré presque 40 ans après avoir été écrit, il œuvre, au ciel des fixes, à une prise de conscience salutaire d'une fin de cycle et ce qu'elle implique sur le plan étrique pour défier et dévier, avec la grâce du Dieu, le cours de l'histoire.