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mystique

  • Les dessous de la foi

    ...Il n'y a pas de raison pour qu'il ne se soit pas passé là, ce qui se passe pour les auteurs inspirés : la motion divine laisse intacte l'instrument humain qu'elle trouve et qu'elle utilise, et c'est avec tout ce qu'il est et tout ce qu'il sait déjà humainement que l'auteur transmet le message et lui donne forme (p.83)...

     

    9782841374502-Editions-Millon-Louis-Massignon-et-les-amis-de-Notre-Dame-de-la-Salette-MASSIGNON-Louis-1_1463.pngLe 19 septembre 1846 à la Salette eut lieu une apparition mariale avec un message eschatologique, adressé à deux berger.e.s de 11 (Maximin) et 14 ans (Mélanie). Il y était aussi question d'Apôtres des derniers temps et de règles d'un Ordre de la Mère de Dieu (avec fondation de couvents), qui était apparue, dans la vision, en pleurant...sur les péchés de l'Église et ceux des hommes de ce temps.
    Dans Louis Massignon et les amis de Notre-Dame de la Salette, paru chez Jérôme Millon éditions, sont exhumées des correspondances inédites, présentées et commentées par Jean Moncelon. On y discerne l'implication de l'orientaliste à l'édification de cet ordre (notamment le don d'un bâtiment par son frère mais aussi ses relations rapprochées avec les principaux acteurs du mouvement) et à la reconnaissance de Mélanie Calvat en tant que voyante, sainte et témoin d'un message secret prophétique. Léon Bloy et Jacques Maritain firent aussi partie du cercle d'influence mais l'ordre disparut physiquement a la mort du chanoine Thiéry (1868-1955), le principal instigateur du foyer de consacrées et audiant de l'appel.
    Peu en effet,  reconnurent en son temps, la véridicité du témoignage (mis par écrit trente ans après) ou l'ouverture  mystique de la bergère (après la vision qui fut contemporaine de celles d'Anne-Catherine Emmerich), même parmi les prêtres locaux.
    L'avertissement de Marie concernait nommément les représentants corrompus d'une église destituée de l'esprit sain et d'une colère de l'Agneau de la parousie si le redressement n' avait pas lieu dans un futur proche, pour l'humanité pécheresse.
    Fausse prophétie ? Ordre mis sur pied trop tôt ? Récit falsifié ou fabriqué de la voyante ? C'est dans toutes ces questions légitimes que l'ouvrage nous (re)plonge, faisant revivre les actes de foi ardents du siècle dernier. Manque peut-être à cette compilation minutieuse et approfondie, un rappel du message secret révélé en 1846, à lire ici.

  • Sur la terre comme au ciel

    "Faire la volonté de Dieu, c'est faire entrer en moi Jésus et Sa joie divine. C'est être Sa consolation. C'est mettre en moi Sa Présence, sa Présence irradiante" (p.257).


    Vivre en Dieu à l'école de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit,Joel Guibert,éditions Artege,sainte Thérèse,béatification,mystique,sainte,Avril 2026Avec Vivre en Dieu à l'école de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit (1901-1951), les éditions Artège signent un nouvel essai du père Joël Guibert, dans une visée de béatification.
    Il faut dire que sa vie entière, ses écrits, ses dons (bilocation, sanctification d'hosties souillées...), ses inter-actions (le réconfort de sœurs, le rachat d'âmes) et sa renommée mondiale, la font entrer dans un modèle de sainte catholique, au même titre que la petite Thérèse, qui fut son modèle.
    Tentée et adepte de souffrances ("mon Amour me fait aimer la souffrance pour m'unir à mon Bien-Aimé" - p.255), elle réfute le dolorisme pour évoquer la sagesse de la Croix "dont la Joie profonde est le fruit (p.237)".
    Confiante dans le plan de Dieu, elle apprend à s'en remettre à Sa volonté en laissant Jésus œuvrer à travers son cœur, ses yeux et ses mains, pour devenir outil de Miséricorde.
    Livre informatif mais aussi de portée évangélique, Joël Guibert nous remémore la spécificité toute chrétienne, une vie "à partir de Dieu", dans  une relation "vivante et vivifiante" éprouvée dans les actes (une pulsation, une vibration, une joie qui demeure...), les pensées (le discernement) et les prières du quotidien.
    Plus globalement et c'est encore le cas ici avec Yvonne-Aimée de Malestroit, les mystiques sont des aiguilleurs de l'être qui incarnent la quintessence de l'enseignement christique. Ils sont le rappel d'une praxis ésotérique incandescente qui perdure malgré l'essoufflement des institutions. Ils sont le soufflet sur les braises !

  • Le coeur invisible

    Dansant à contre-pied du techno-solutionnisme, je reçois la manne d'un système immunitaire spirituel. J'ai l'impression d'être soufflée par un Souffle, imperceptible aux instruments de mesure, qui me permet d'être toujours de ce monde. Je ne cherche pas à prouver la perpétuité de mon corps, mais témoigne de cette vie infiniment inventive qui dépasse nos savoirs limités (p.66)

     

    Frédérique Lemarchand,Mutation,éditions La Mesure du Jour,Annick de SOuzenelle,Frédérique Lemarchand publie Mutation, disponible sur son site. C'est un hommage à l'être et au travail accompli par Annick de Souzenelle, ainsi qu'un témoignage miraculeux de vie, de celle qui se place sous sa bénédiction et qui la côtoya 10 années durant.
    Née avec un syndrome d'eisenmenger (hypertension artérielle pulmonaire) non reconnu nourrisson,  les complications irréversibles ont en effet commencé pour Frédérique Lemarchand dès l'âge de douze ans jusqu'à une greffe inespérée coeur-poumons à 34 ans, date de sa "naissance spirituelle", selon ses dires. 
    Pendant les 17 heures de l'opération elle se souvient d'être corps lumineux clairvoyant, reliée aux cœurs des soignants, avant de réintégrer son enveloppe corporelle. Cette certitude de l'essence ne la quittera plus (éternelle plutôt qu'immortelle) et trouvera même confirmation dans les paroles et intuitions d'Annick de Souzenelle entendues plus tard en radio. S'ensuivra rencontres, échange épistolaire et initiation symbolique à l’œuvre créative de cette visionnaire orthodoxe, véritable pont entre des mondes disparates mais complémentaires (Jung, la kabbale, les Dialogues avec l'Ange, le Coran...).
    Très croyante, se sachant insufflée et donc recréée, Frédérique Lemarchand ne vit désormais que par, avec et pour le Christ. Ses peintures improvisées sont à l'image de cet ouvrage : dense, profond, symbolique et lumineux. Une alchimie se dégage de l'ensemble. Outre l'utilisation du langage des oiseaux, c'est l'unité des contraires qui prédomine avec l'aide de la prière et du pardon, dans une union quasi mystique.
    Une mutation est de facto en cours, selon l'enseignement biblique hébreu littéral chère à Madame de Souzenelle, privilégiant l'Amour à la mort, avec l'intégration des énergies animales destructrices par le cœur de lumière miséricordieux qui nous porte en réalité. L'autrice est la preuve vivante que la foi déjoue la science et son arsenal technologique de pointe, et que le corps est une enveloppe parfois même inerte, qu'une intention divine anime.  

  • Puiser dans la modernité

    Françoise Porquet,Vie spirituelle et vie psychique chez Marie de la Trinité,éditions l'harmattan,mystique,prière,expérience de Job,analyse,confesseur,Jacques Lacan,Christ,sacerdoce,filiation,Paule de Mulatier,Décembre 2025Françoise Porquet signe chez l'Harmattan "Vie spirituelle et vie psychique chez Marie de la Trinité".
    Cette mystique moderne (1903-1980), dominicaine missionnaire des campagnes, entreprit une cure (notamment un travail analytique sur l'autorité avec Jacques Lacan)  et formation psychologique pour l'aider à traverser une nuit noire de l'âme, qu'elle qualifia d'expérience de Job et de grâce, après coup.
    Cette ouverture "psy" ressurgira bénéfiquement sur sa vie "spi", par une meilleure compréhension des ressorts inconscients et une libération de l'Amour intériorisé.
    Pour Marie de la Trinité, le principal empêchement fut celui de prier pour communier plus en profondeur avec le Christ et son cœur vulnéré. Mais cette épreuve ne l'empêcha nullement d'écrire et de transmettre un message évangélique universel de filiation et de sacerdoce : devenir christ, uni au Père, hostie vivante, pour se donner en offrande d'Amour à sa communauté et par extension au monde et à sa soif d'être pleinement accepté même boiteux.
    L'ouvrage comme la vie de la sainte Lyonnaise née Paule de Mulatier, est un pont entre terre et ciel, entre science céleste et science humaine, entre psyché et esprit (saint)...un chemin devenu depuis une évidence pour s'offrir meilleur à autrui. 

  • 8 femmes mystiques

    Les mystiques sont des éclaireurs...qui ouvrent la seule voie où l'on peut remplacer, dans la paix de l'esprit et la joie du coeur, l'ombre par la lumière. En établissant la plus simple et la plus directe des connexions avec le Divin, avec la Source, en se mettant à son écoute, en lui parlant, et surtout en manifestant au quotidien, dans tous les domaines de la vie, l'essence divine de l'âme que nous sommes (p.17).

     

    Flavia Mazelin Salvi,ces mystiques qui nous éclairent et nous inspirent,le courrier du livre,Thérèse d'Avila,Faustine Kowalska,Julian de Norwich,Eileen Caddy,Hildegarde de Bingen,Mâ Ananda Moyi,Simone Weil,Marguerite Porete,mystique,âme immortelle,connexion divine,Novembre 2025Flavia Mazelin Salvi publie au Courrier du Livre "Ces mystiques qui nous éclairent et nous inspirent", le portrait plaisant de huit femmes qui défièrent la vision commune d'un humain.
    L'autrice, qui a aussi vécu une métanoïa, apporte de la matière à l'indicible expérience et nous fait part de son émerveillement tout en apportant quelques pistes pour rendre la connexion céleste plus ordinaire.
    On voyage à travers siècles (de Marguerite Porete à Mâ Ananda Moyi) avec ces quelques jalons, flambeaux les plus célèbres de leur temps, sur l'échelle de la hiérohistoire. Il y est toujours question d'un témoignage de l'immortalité de l'âme et d'une relation vivante avec le divin, sous forme d'énergie, de paroles, de visions...
    Bien écrit, le livre nous rend la mystique plus familière et à portée de main, avec des conseils pratiques pour déjouer l'identification au corps mental. Une bonne entrée en la matière.

  • Sacré corps

    Si je renonce à ma conscience, elle, pour autant, ne me lâche pas. Elle ne quitte pas le navire et continue à veiller. Avec le temps, je contacterai un mal-être, perdrai le sommeil, courrai partout pour ne pas me retrouver face à elle. Mais j'aurai beau m' étourdir, elle ne me quittera pas...pour provoquer mon bonheur. Là où je le suis enfermée dans la culpabilité, dans la douleur de l'
    autoaccusation, la conscience veut me faire éprouver le repentir, la joie de la réconciliation. Avec la reconnaissance de la faute s'ouvre le chemin d'un par-don (p.109)

     

    chercher.pngAvec Chercher la femme, à l'infinitif, paru aux éditions du Cerf, Céline Guillaume célèbre le féminin intérieur, notamment dans sa qualité d'accueil de l'altérité.
    Libraire et laïque dominicaine, elle pourfend l'intérêt d'une culture de (et pour) soi, d'une connaissance de l'âme qui est notre alter ego, notre souffle vital, notre être profond.
    La femme possède selon elle naturellement des matrices sacrées car à l'identique du Dieu de miséricorde, creuset de l'enfantement mais indignes de l'avortement. Son appétence à accueillir la vie peut aussi symboliquement désigner le Vivant, le "conscience-cieux".
    Ses croyances vont au mariage libre de toute contrainte mais elle reste confiante dans l'adversité et sa longévité. Elle vénère aussi son genre, à destinée sacrée et sa différence face à l'homme plutôt que son égalitarisme simiesque.
    "Confiance, exigence devant la vérité, liberté" sont autant de qualités que de trophées qu'il est bon de montrer et d'assumer devant les vies désenchantés ou les vides non emplis de plénitude.
    Un brin mystique, elle se découvre parfois phare ou aiguilleuse de l'être, forte d'une réflexion nourrie par une Relation et d'un esprit curieux.
    La femme n'est pas la cause du bancal mais son côté solide, à assumer sa faiblesse. Elle demeure un exemple à suivre quand elle assume pleinement  l'incarnation, dans les pas de l'Aimé, l'Amour et l'Amant. 

     

  • Une requête légitime

    La pensée divine nous invite à chercher le meilleur en nous, à nous comporter sans violence envers les autres, appliquant l'entraide et protégeant la nature. C'est ainsi que l'homme pourra éradiquer la bête en lui et retrouver son humanité, en s'immunisant contre l'influence du cerveau reptilien”. (p.208)

     

    pensée dieu.jpgLe titre interpelle, "De la Pensée de Dieu à la Parole du Prophète", tant on croirait les termes logiquement inversés. Mais c'est bien la thèse forte intéressante et a propos  d'Abdellatif Laroui qui paraît aux éditions Erick Bonnier.
    Plutôt que de la voir transcendante et éternelle, immuable et incréé il considère cette Parole divine comme une Pensée, sous entendu une intention, une direction, un concept d'idées, un message cosmique présent en tout temps et que certains individus tels les prophètes, capteraient et retranscriraient dans des contextes socio-historique et psycho-culturel définis.
    Au lieu d'être figée à l'interprétation et au philtre de la raison, cette Parole prophétique reste vivante, créative, symbolique, conférant à l'universel parfois ou carrément datée.
    Avec beaucoup d'humour et de sens critique, l'auteur dénonce aussi la sacralité de cette Parole prophétique (qui divinise pour le coup Muhammad et humanise Allah) en Islam sunnite notamment, sous forme de hadiths, Sunna ou jurisprudence des oulémas.

    Dans une seconde partie Abdellatif Laroui entend réhabiliter la philosophie (Ibn Roshd plutôt qu'Al Ghazâli : l'un Maître de sa pensée, l'autre que le réceptacle), le discursif sur l'intuitif,  pour combler le retard pris par la civilisation musulmane dans sa soumission au Transcendant et Son ingérence en tout (le Mektoub contraire au libre arbitre ?), le dogme étant devenu pour lui “un instrument au service du pouvoir politique et la Religion un moyen de domination pour contrôler les masses”.

    Discerner les versets intemporels des contextuels nécessite, à notre sens, une science du Verbe : son essence, origine et sa destination. La raison a ses limites, terrestres et humaines mais peut s'approcher d'un message ou d'une Parole insufflée en poids, souffle et vérité...essayer tout du moins de l'interpréter ou de le mesurer.

    Le dévoilement du Verbe, en son sens plénier, gagnerait plutôt, dans l'alliance ou le rapprochement philosophico-mystique, a-mental, comme la médecine moderne avec la parallèle et la science avec les Religions. Ces deux sœurs ou voies illuminatives ne sont-elles pas en effet, in fine, unes en essence ?