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société - Page 18

  • Une transe burlesque

    François de Brauer,rencontre avec une illuminée,Compagnie Martin Moreau,Jean-Luc Gaget,Louis Arene,François Menou,Olivier Mandrin,Séverine André Liébaut,Charlotte Pesle Beal,théâtre de la renaissance, Oullins, novembre 2023

    François de Brauer signe un seul en scène jubilatoire dans Rencontre avec une illuminée. Ce spectacle providentiel fut une impérieuse nécessité pour l'ancien amateur d'humoristes, pour (re)faire lien avec le(s) public(s) après notamment l'épisode covid. Il y égratigne gentiment la foi du charbonnier et les illuminismes en tout genre, en puisant également dans ses souvenirs d'enfant un peu irrévérencieux, pour les besoins de la fiction.
    François de Brauer se considère comme athée mais croit fermement aux vertus du théâtre, à la magie de la création et au(x) vivant(s) qui l'anime, puisqu'il se définit pluriel...
    Un artiste habité à coup sûr par sa frénésie de jouer et de croquer, parfois avec poésie et tendresse corrosive, le monde alentour.
    Il est au micro de Médiachoeur (8'20) :

    podcast

    A noter : Rencontre avec une illuminée sera disponible pour un an en Replay sur France TV a partir de Décembre. À ne pas louper !

  • Une époque formidable

    voyage aux confins de la conscience,Nicolas fraisse,ISSNOE,Sylvie Dethiollaz,Claude-Charles Fourrier,éditions Trédaniel,OBE,clairvoyance,vision à distance,incorporation,inspiration,dialogues avec l'Ange,conscience non locale,vision unitive,Benoit Flamec,Novembre 2023Voyage aux confins de la conscience (illustré) est un ouvrage co-écrit par Sylvie Dethiollaz (scientifique) et Claude-Charles Fourrier (psychothérapeute), de la fondation suisse ISSNOE.
    Souhaitant étudier et valider scientifiquement les OBE (sorties hors du corps), ils font la connaissance du lyonnais Nicolas Fraisse en 2006 et vont le suivre pendant dix années d'expérimentation, tout en le guidant sur le plan psychologique et spirituel, avec ses dons hors du commun. Le livre suit son évolution, des OBE qu'il pratique depuis son enfance à la clairvoyance en passant par la vision a distance. Il parviendra également à s'incorporer à d'autres entités humaines (humains de tout sexe et âge mais aussi animaux) et à percevoir une ou des voix d'une autre dimension ou réalité (façon Dialogues avec l'Ange). Son cas est attachant car dénué d'inflation avec une foi enfantine et d'une simplicité parfois candide. Sa sympathie n'a d'égale que sa disponibilité pour accepter (comme la chamane Corine Sombrun) cette soumission aux test scientifiques toujours plus délirants (mais ici bienveillants) pour in fine prouver les limites de la rationalité et la dimension non locale de la conscience, que confirme depuis un demi siècle la physique quantique...
    Le parallèle avec les Dialogues avec l'Ange est judicieux pour la "normalité" d'un phénomène vécu par beaucoup et dont le caractère précieux ou extraordinaire pose un voile à une saine compréhension.
    Chamanes, mystiques ou sages ont de tout temps évoqué notre reliance horizontale ou verticale à Autrui, qu'il soit homme ou esprit, jusqu'à la vision unitive. Nicolas Fraisse possède à lui seul de multiples facilités pour élargir, faire voyager, jouer avec sa conscience (une sorte de corps astral bleu que représente Benoît Flamec) jusqu'à l'inspiration.
    Cet ouvrage illustré complète l'étude fleuve Connexions, paru chez Trédaniel également, en focalisant sur un des neuf patients clairaudiants ou médiums interrogés scientifiquement, sans doute la personnalité la plus déroutante.
    ISSNOE surprend donc à nouveau, fait l'actualité et apporte une solide pierre à ce changement de paradigme, qui advient déjà sous nos yeux, malgré les freins (argent, pouvoir, renommée...).
     

  • La fonction messianique

    FIC20819710_17_19_.jpgAvec "Dévoilement du Messie" paru chez Litos éditions, Pierre-Henry Salfati esquisse son portrait symbolique, issu de sources hébraïques (Torah, récits hassidiques...), revenant sans cesse à l'étymologie des qualificatifs employés pour le designer.

    Cet "homme du 8ème jour" censé révéler le sens évident du texte sacré, (peut être son aspect pratique pour la vie intérieure ?) est aussi un thaumaturge de la parole : qu'il s'exprime (par le langage des oiseaux) ou se taise, il aurait la capacité de libérer l'énergie et la vie (les mots) trop souvent enkystée dans un recoin du coeur ou du corps (les maux). Il sait également discerner l'essence de chacun et mettre à mal l'étroitesse d'esprit commun, une sorte de Cyrano moderne.

    Architecte d'un temple éternel, sur terre (le 3eme temple de Jérusalem) ou du ciel (la Jérusalem céleste), il a le pouvoir, étant oint, de spiritualiser la matière a l'échelle de la planète. 

    Son corps fantastique, universel, est susceptible, par sa résurrection, de re-susciter une nouvelle création...

    Sur fond d'histoire récente (shoah, création de l'état d'Israël...) et d'Histoire des Hébreux, Pierre-Henry Salfati relate l'espérance et l'attente de cette figure emblématique, artisan et prince de la paix, héritier de la prophétie.

    Ce titre parfois usurpé (Sabbataï Tsevi par exemple) ou sublimé (le peuple juif dans son ensemble) se retrouve sous d'autres vocables dans d'autres religions (même si pour les chrétiens et musulmans il s'agit de Jesus-Christ) du monde. Ce petit essai concis et intériorisé approche comme jamais l'essence de cet étrange et paradoxal personnage tant attendu mais néanmoins coutumier de la souffrance et du mépris.

     

  • Le printemps du renouveau

    Neige,Pauline Bureau,La part des Anges,Yann Burlot,Camille Garcia,Régis Laroche,Marie Nicolle,Anthony Roullier,Claire Toubin,Emmanuelle Roy,Alice Touvet,Vincent Hulot,Benoîte Bureau,Clément De Bailleul,Jean-Luc Chanonat,comédie de Saint Etienne,Octobre 2023

    Neige de Pauline Bureau, à la Comédie de Saint-Etienne : la scène s'ouvre, nous voici plongés dans une forêt d'arbres gigantesques, souches, animaux qui apparaissent (des hologrammes) et une citerne plantée dans le décor ! À la fois sublime et intriguant. Le public est littéralement projeté dans le conte, sauf que Neige est une jeune fille d'aujourd'hui, amoureuse du "prince" du lycée et obligée d'obéir aux injonctions de sa mère tyrannique. Le spectacle vogue ainsi entre le merveilleux de l'histoire de Blanche-Neige et la réalité parfois crue de l'âge ingrat. C'est la transformation et les renaissances que capte ici Pauline Bureau. De l' enfance a l'adolescence, de l'acceptation a la rébellion, de la beauté au flétrissement, de la vie rangée a la liberté retrouvée. Et surtout du refus de ressentir au débordement d'émotions. Devant la minutie du décor, la magie des apparitions, la présence de l'eau bleutée (des captations vidéos immersives), le public ressent lui aussi une puissante vibration, sans oublier la relation mère-fille, les premières amitiés, le frisson de l'interdit et la découverte de soi-même.

    Cet espace-temps semble suspendu et pas seulement pour les enfants. Les comédien.nes tous excellents nous transportent comme les personnages se transforment en grandissant.

    La bande originale semble saisir la pulsation du moment avec cette nécessaire reconnexion à l'âme nature (via le chasseur - homme sauvage).

    Quand tout paraît figé, Pauline Bureau scrute la floraison et libère l'énergie comme un enchantement.

     

    @credit photo : Christophe Raynaud de Lage.

  • Sacré corps

    Si je renonce à ma conscience, elle, pour autant, ne me lâche pas. Elle ne quitte pas le navire et continue à veiller. Avec le temps, je contacterai un mal-être, perdrai le sommeil, courrai partout pour ne pas me retrouver face à elle. Mais j'aurai beau m' étourdir, elle ne me quittera pas...pour provoquer mon bonheur. Là où je le suis enfermée dans la culpabilité, dans la douleur de l'
    autoaccusation, la conscience veut me faire éprouver le repentir, la joie de la réconciliation. Avec la reconnaissance de la faute s'ouvre le chemin d'un par-don (p.109)

     

    chercher.pngAvec Chercher la femme, à l'infinitif, paru aux éditions du Cerf, Céline Guillaume célèbre le féminin intérieur, notamment dans sa qualité d'accueil de l'altérité.
    Libraire et laïque dominicaine, elle pourfend l'intérêt d'une culture de (et pour) soi, d'une connaissance de l'âme qui est notre alter ego, notre souffle vital, notre être profond.
    La femme possède selon elle naturellement des matrices sacrées car à l'identique du Dieu de miséricorde, creuset de l'enfantement mais indignes de l'avortement. Son appétence à accueillir la vie peut aussi symboliquement désigner le Vivant, le "conscience-cieux".
    Ses croyances vont au mariage libre de toute contrainte mais elle reste confiante dans l'adversité et sa longévité. Elle vénère aussi son genre, à destinée sacrée et sa différence face à l'homme plutôt que son égalitarisme simiesque.
    "Confiance, exigence devant la vérité, liberté" sont autant de qualités que de trophées qu'il est bon de montrer et d'assumer devant les vies désenchantés ou les vides non emplis de plénitude.
    Un brin mystique, elle se découvre parfois phare ou aiguilleuse de l'être, forte d'une réflexion nourrie par une Relation et d'un esprit curieux.
    La femme n'est pas la cause du bancal mais son côté solide, à assumer sa faiblesse. Elle demeure un exemple à suivre quand elle assume pleinement  l'incarnation, dans les pas de l'Aimé, l'Amour et l'Amant. 

     

  • L'imperfection heureuse

    Caroline Obin,Homo suivant ou la divinisation du compost,promo 32 de la Comédie de Saint Etienne,Marion Astorg,Romane Bauer,Arthur Berthault,Ludovic Bou,Lucas Bustos Topage,Raphaël Deshogues,Marie Le Masson,Élise Lefauconnier,Louis Meignan,Ephraïm Manikunzola,Lara Raymond,Léna Rossetti, Yannick Vérot,Thomas Chazalon,Ouria Dahmani-Kouhli,clown,Octobre 2023

    L'arène est circulaire. On s’attend à être bousculé, touché, attendri. Êtres fragiles, d’autant qu’on convoque l’intime, l’enfance, le graveleux parfois...
    Respect total pour le clown, invité à la Comédie de Saint Étienne par l'entremise de Caroline Obin, qui grime la promotion 32 avant qu'elle ne sorte de l’œuf.
    Sa trans-fiction Homo suivant ou la divination du compost est une réponse inédite, originale et subversive au brouhaha illogique de ce monde fou.
    Quoi de mieux, que la découverte de son clown, pour entamer une carrière de comédien ? En effet, la metteuse en scène va puiser dans les profondeurs et les émotions de l’acteur pour co-créer un personnage unique et infini. Les spectateurs découvrent ainsi 12 micro-univers naissant d'un rien (un compost sonore). Le ridicule devient poésie et drôlerie.

    Caroline Obin a l’œil pour sublimer les talents tout en gardant des zones d'ombre. Elle donne des clés essentielles pour embellir et réenchanter le monde. Nous l'avons interrogée à la sortie du spectacle (6 min) :

    podcast

  • Témoin de son temps

    Du moment où il considère le Coran comme une œuvre humaine, c'est son esprit et non sa lettre qui lui importe, en l'occurrence davantage la forme que le fond.(p.134)

     

    victor hugo et l'islam,louis blin,erick bonnier éditions,coran kasimirski,spiritualité orientale,hallaj,la légende des siècles,panthéisme,septembre 2023Avec Victor Hugo et l'Islam paru chez Erick Bonnier éditions, Louis Blin qui est docteur en histoire et arabisant, s'intéresse en fin connaisseur, aux mentions coraniques dans l’œuvre de l'auteur de renom.
    Il démontre habilement, textes poétiques à l'appui, la séduction qu'opéra Mahomet en tant que chef de guerre dans un premier temps puis réceptacle du texte révélé, dans le cheminement spirituel de cet écrivain géant du 19eme siècle.
    Victor Hugo connut l'Islam par la littérature essentiellement et la fréquentation de ses pairs orientalistes. Il lut dans la seconde partie de sa vie, les deux versions du Coran disponibles à l'époque (Kasimirski et Savary), quelques œuvres de mystiques musulmans (Hallaj, Rumi notamment) et, comme tout homme relié au monde, après maturation, se fit sa propre opinion (positive) de la civilisation orientale. C'est essentiellement en prose qu'il rendit hommage au génie coranique, notamment dans la légende des siècles, en proposant sa version d'écrits inspirés, parfois dans l'exégèse mais plus souvent dans un style et une forme poétique.
    Fasciné par le message eschatologique et persuadé un temps d'être lui aussi messager de la rédemption et d'âme nature (une sorte de panthéisme dans sa foi qui réunirait les religions), il ne prophétisa pas mais proposa une œuvre originale pour son temps, à contre courant des velléités civilisationnelles (l'islamophobie encore et toujours...) ou de son ignorance pure.
    Aimé des musulmans (d'aucuns le disent converti sur la fin), il fut d'après Louis Blin d'avantage un être spirituel (un temps spirite) qu'un religieux épris de rites ou de dogmes, qui sut en tous cas saisir l'essence du Coran : la possibilité offerte à chacun d'être relié par la foi, à l'inspiration céleste, avec ses degrés d' intemporalité.