blogger hit counter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

société - Page 26

  • Sublime diversité

    Nos identités celles qu’on nous impose celles que l’on cache, Hawa N’Dongo, Nocturne, Sarak Saysouk, Grâce Ly, Aya Cissoko,Jennifer Padjemi, éditions Rageot, association Diveka, diversité, avril 2022Réunir six autrices d’horizons divers pour parler de la diversité ou plutôt raconter des histoires multiples. Tel est le pari des éditions Rageot et l’association Diveka avec le recueil Nos identités celles qu’on nous impose celles que l’on cache. Lire d’autres voix, entendre d’autres rêves, vivre d’autres sensations. Et peut-être se réjouir que ces nouvelles plumes captent si bien l’air du temps et arrivent à point nommé pour exprimer toutes les humanités qui coexistent et passent pourtant souvent à côté des radars. Ainsi, elles seront un premier pont vers des lecteurs réticents car absents des récits puis une petite graine pour de futurs écrivains et écrivaines prenant soudain confiance en eux. Seulement ces voix ne doivent pas être éphémères le temps d’un projet ou d’un concours de circonstance. Ainsi, espérons que nous suivront Hawa N’Dongo, Nocturne et Sarak Saysouk aux côtés de Grâce Ly, Aya Cissoko et Jennifer Padjemi, les membres du jury, qui partagent également leurs récits. Leurs noms deviendront peut-être familiers à nos oreilles, et pourquoi pas étudiés en classe (thèmes inspirants), partagés, pas seulement par un petit nombre d’initiés mais par chacun et chacune puisque de la diversité émerge l’unité.

    Dans ces six nouvelles , il est beaucoup question de transmission, comme Basilia, dans La poésie du Bubble tea de Grâce Ly, qui n’aime pas  son prénom et à qui sa maman n’en a jamais expliqué l’origine. Peut-être est-ce enfin le moment d’en savoir plus pour s’aimer un peu mieux ? Dans L’initiation, nouvelle théâtrale, d’Aya Cissoko, Hatouma et Massou, mère et fille, l’une née au Mali et l’autre en France, ont beaucoup de mal à se comprendre et vont faire en une nuit, le pas l ‘une vers l’autre, qu’elles n’avaient jamais osées accomplir. Lola, héroïne d’Un latte, s’il vous plaît de Jennifer Padjemi ne supporte pas d’entendre parler de colocation. En effet, elle vit mal la situation de pauvreté dans laquelle sa mère et elle vivent et n’ose pas prendre son indépendance. Enfin, Hawa N’Dongo nous raconte l’histoire d’ Astou et La photo de Classe. L’adolescente est beaucoup moins enthousiaste que ses parents à l’idée de porter un costume traditionnel pour la photo de classe du collège. Petit coup de cœur pour cette dernière nouvelle qui pourrait être lu à l’école juste avant que les flashs ne crépitent. Une manière d’être fière de ses origines plutôt que de les cacher honteusement.

    Étouffer ce qu’on est, qui on est, c’est souvent ce que font les protagonistes avant de se rendre compte à quel point cela fait partie de leur richesse et leur singularité, même si la société les laisse de coté pour cela. Dans la nouvelle de Nocturne, Hors du Terrier, Ciguë vit protégée, à la campagne, où ses préférences ne sont pas un problème. Ce n’est plus le cas en ville : lesbienne, noire, non-binaire, hypersensible, les différences dérangent et le chemin est long pour être accepté tel que l’on est. Un écho à Voyage entre les mondes de Sarak Saysouk où Sourya se sent mieux avec son avatar devant un jeu vidéo pour communiquer avec une fille de sa classe que dans la vraie vie. De peur d’être rejeté parce qu’il est autiste Asperger, l’adolescent prend les devants pour éviter d’être humilié. Heureusement les vraies rencontres peuvent tout changer. Un peu comme plonger dans une histoire touchante et vibrante, qui nous permet de regarder le monde avec une autre paire d’yeux et vous élargir la vue.

    Image: Rageot édition

  • Les matrices du Dieu

    Coup de Choeur spiritualité

     

    Les femmes savent car elles ont la garde du mystère...ce don de voir, cette capacité de discernement des signes du divin signera la sacralisation de leur corps et ainsi leur enfermement” (p.53 et 54).

    “Mais suis-je bien sûre de désirer être l'égale de celui qui a établi son règne partout dans la culture et jusque dans le langage ? Ne s'agit-il pas plutôt pour moi de réussir à me convertir ou à me reconvertir au féminin dans lequel je suis née et de réaliser ce devenir propre à mon sexe, dont l'identité est à reconquérir ?” (p.132).


    karima.jpgLes Gardiennes du Secret publié chez Albin Michel, est un livre important, écrit par Karima Berger.
    Son titre, son ambition (un point de vue féminin sur la hiérohistoire islamique), sa couverture (une magnifique peinture d'Osman Hamdu Bey de femme cultivée et dévoilée), font de ce livre un manifeste féministe, une force de témoignage et un baume pour toute femme soucieuse de se réapproprier son histoire et sa culture propre.
    En filigrane se délie le tiraillement personnel de l'auteure, entre tradition (être une femme du dedans) et modernité (à cause de la transparence, après avoir perdu la vue intérieure, danger de se perdre de vue avec les hommes - p.210); entre  ouverture à la spiritualité judéo-chrétienne dominante (les mystiques plutôt que la mère spirituelle) et fidélité à sa culture religieuse (Ibn Arabi et l'émir Abdelkader en tête). Le conflit s'avérera truffé de paradoxes.
    La réflexion centrale de Karima Berger s'articule autour du verset coranique 4,34 :

    Les femmes -vertueuses et pieuses- sont les gardiennes du mystère de ce que Dieu garde (dans le mystère).

     

    Quel est donc ce point commun entre Dieu et les femmes, ce fameux secret bien gardé - Al Gayb -  (organe ? Valeurs ? Vertus ?), qu'en déduire du statut et de la stature de la femme ? Enfin qu'est-ce que cela dévoile sur l'homme musulman et sa psyché en profondeur ?
    C'est la trame de cet essai passionnant, foisonnant et juste de ton, qui nous fait (re)découvrir autrement les
    principales figures féminines de l'imaginaire musulman, de Hagar la mère d'Ismaël à Isabelle Eberhardt et, en passant, questionner le Coran, les hadiths et la poésie orientale. Un portrait de femme s'en dessine à la fois sensuel et spirituel, sensible et visionnaire. Le dévoilement opère à point, sans être voyeuriste Karima effleure l'intime des femmes de sa tradition.

    Accueil, réceptivité, passivité réactive mais aussi pudeur, silence, retrait, humilité...sont les deux faces du féminin reconnues, en essence (chez les femmes) ou apparence (chez les hommes), d'après l'auteure. Les prophètes, saints ou mystiques de tous bords ont toujours épousé cette part profonde d'eux-mêmes (l'Orient intérieur) qui mène à la complétude ou l'unité, entourés qu'ils furent de facto de nombreuses femmes. Une relation à Dieu , Karima Berger le pressent bien, est forcément alliance avec le féminin, comme le sont de  nombreux Noms ou attributs d'Allah : le Matriciant - le Matriciel (Chouraqui), le Misericordieux ou le très Rayonnant d'Amour (Gloton).

     

  • La force de la lignée

    Continuez la pratique, disent les maîtres d'aujourd'hui, lorsqu'ils ont pris la place de cette authentique transmission dont les règles sont celles de simplicité et de partage. Partage de notre concentration, de nos efforts, de notre abandon...c'est cela la foi véritable sans objet, la pratique de zazen". (p.139)


    Françoise Lesage,petit traité de sagesse sauvage,éditions l'Originel-Antoni,Fuyo DOkai,Gion Shogi,zen,zazen,posture,respiration,Shunryun Suzuki,Mars 2022Françoise Lesage a consacré une vie entière (43 ans) à la pratique zazen, posture et respiration essentielles du zen. Dans ce Petit Traité de Sagesse Sauvage paru chez l'Originel-Antoni, elle transmet la quintessence et la profondeur de son expérience à travers sa compréhension mûrie d'un texte testament du moine Fuyo Dokai : le Gion Shogi, qui au 12eme siècle, ramena l'esprit de l'enseignement du Bouddha à sa nature originelle de simplicité et de partage.
    Il y est question de pratique dénuée d'intérêt ; du sentiment de non séparation (tout en gardant sa différence) ressenti quand la posture zazen vient relâcher les tensions inhérentes au repli crispé du petit ego ; de communion d'un esprit vaste, englobant, illimité ; d'une vie vécue en épousant l'essence des éléments naturels (feu, eau, nuages, terre,...) ; du vide qui est absence de connaissance ; de vision non duelle de l'ombre et de la lumière ou encore de croissance d'une plante-rejeton capable de fissurer les pierres les plus récalcitrantes.
    Pour l'enseignante
    Françoise Lesage, le comportement et la philosophie quasi érémitique de l'époque peuvent illuminer et nourrir, par une lecture symbolique et intériorisée, un ancrage moderne (social, familial, professionnel) au monde.
    Ce petit traité exhumé,  agrémenté de peintures à l'encre de chine de l'auteure, amène le piquant du rappel de l'esprit originel du zen : sa posture majestueuse s'inspirant d'une montagne et dont la foi véritable permet parfois, subrepticement, son effacement.
    La signification de la posture qui ponctue l'explication du texte avec un glossaire, donne à l'ensemble un excellente entrée en la matière de l'esprit zen, que
    Shunryu Suzuki qualifiait à juste titre d'esprit neuf, renouvelé à chaque instant.

     

  • Portrait vivant des gitans

    Coup de Choeur Théâtre

     

    logan de carvalho,moitié voyageur,théâtre des clochards célestes,vincent dedienne,anaïs harte,gabriel lechevalier,lucie joliot,laura cottard,gens du voyage,gitan,manouche,mars 2022.Son nom est déjà tout un voyage ! Logan de Carvalho, de la compagnie Tracasse, nous présente la forme définitive de  Moitié voyageur, au Théâtre des Clochards Célestes. Ce spectacle a fait ses armes et eu ses heures de gloire depuis quelques années déjà. Moitié gitan par sa mère, il croque  les personnages de sa (belle) famille avec amour et humour puisque sa sœur décide à l'âge de 16 ans de se marier avec un voyageur.
    Sa situation d'acteur fut une évidence et un moyen habile de traiter le sujet des gens du voyage, jamais représentés au théâtre.
    On rit beaucoup, par l'énergie mimétique qu'il déploie et les portraits de voyageurs hauts en couleurs qu'il incarne sur scène.
    Poésie, burlesque, "commedia dell arte sans les masques", argot, émotion mais aussi sagesse sont convoqués dans une mise en scène captivante proche du one-man show.
    Beaucoup d'humanité également se dégage des voyageurs,  sujets à beaucoup de peurs et de projections, comme souvent avec les minorités (couleur, sexe, culture, catégorie sociale...), grâce à un processus d'écriture partagé et réfléchi (Logan, Vincent Dedienne, Anaïs Harte et Gabriel Lechevalier aussi metteur-en-scène).
    Puisse ce spectacle continuer à tourner longtemps et partout pour s'amuser des clichés et prendre un peu de hauteur sur nos représentations mentales parfois stéréotypées.

    Entretien (10 min) avec Logan de Carvalho suite à la représentation du 19 Mars :

    podcast

  • L’élection citoyenne

    L’élection présidentielle, les enfants passent à l’action , Lucie Le Moine, Tom Aureille, éditions Milan, Les Docs BD, mars 2022, La politique, citoyens, Greta Thunberg La politique : « des messieurs en costumes-cravates qui se disputent sur des sujets complexes », c’est l’image qu’en ont les enfants, les ados et sûrement quelques (ou beaucoup d') adultes. Difficile de croire que la politique peut changer la vie et encore moins qu’elle concerne tout le monde ! Lucie Le Moine et Tom Aureille prennent le problème à « bras le crayon » pour L’élection présidentielle, les enfants passent à l’action aux éditions Milan (collection : Les Docs BD) et prouvent que le choix des dirigeants a des conséquences sur tous les citoyens, y compris les jeunes. Le fonctionnement d’une élection, les différentes instances démocratiques ou encore le pluralisme politique (de la gauche à l’extrême droite) sont abordés avec pédagogie et concision. Les explications s’insèrent parfaitement dans la bande dessinée et l’histoire de Mei et Jules.

    Les deux enfants ne veulent pas que leur terrain de jeu, un jardin abandonné derrière les immeubles, soit remplacé par un parking. Pour cela, ils vont devoir user de leur pouvoir de citoyen et se frotter aux politiciens. D’ailleurs, il est important de distinguer les candidats d’une élection, qui souhaitent le pouvoir pour diverses raisons et la politique qui peut être exercée par tout le monde. En effet, chacun a son mot à dire et son point de vue sur le fonctionnement de la société. Mei et Jules, comme de nombreux français, font donc de la politique sans le savoir et vont à leur niveau essayer de changer les choses. Un peu comme Greta Thunberg, souvent citée, qui décide, notamment, de faire la grève de l’école pour tenter de sauver la planète.

    En fin d’ouvrage, les auteurs ont eu la bonne idée de rajouter les dates et chiffres essentiels de la constitution de notre démocratie mais également d’expliciter quelques notions importantes : liberté d’expression, abstention, laïcité ou encore discrimination positive et parité. Lucie Le Moine et Tom Aureille illustrent d’ailleurs les deux derniers mots à merveille puisque les personnages qui se présentent aux différentes élections sont de sexes, de couleurs et d’origines divers. Dans la réalité, les candidat.e.s à l’élection présidentielle ont souvent le même profil ou viennent du même milieu. À tous les Mei et Jules de faire bouger les choses après avoir refermé cette BD.

    Image: Édition Milan

  • Hana, oiseau de bonne augure

    hana thierry,les hirondelle et autres noms d’oiseaux,touria arab-leblondel,milan,adolescence,collège,rep,mixité,sortie pédagogique,riad sattouf,mars 2022« - Waouh, ils ont déjà vécu des trucs de ouf ! Qu’est-ce que j’aurais pu raconter sur « PARTIR », moi ? Ma mère m’a répondu : -Tu aurais plein de choses à dire. »

    Comme un écho à l’éducation dans les bois, le premier roman de Touria Arab-Leblondel : Hana Thierry, les hirondelles et autres noms d’oiseaux, édition Milan, raconte le projet d’une prof de SVT d’un collège classé REP : emmener sa classe en forêt pour un évènement hors du commun. Hana Thierry et la plupart de ses camarades ont une image plutôt lointaine de la nature et des animaux sauvages. Collégiens dans un établissement mal-vu et pour la plupart « originaires d’ailleurs », ce sont plutôt eux que l’on compare à des sauvages, sans toujours s’en rendre compte. En effet, Hana est une des rares élèves de son école à se rendre dans ce collège alors que tous les autres parents (ou presque) décident d’inscrire leurs enfants à St Thérèse où il n’ y a pas de « caillera ». La jeune fille dont on découvre la rentrée en sixième et dont on suit l’année de quatrième, est métissée : mère arabe, père français de souche (tiens un terme forestier). Elle voit cela comme une richesse mais difficile de le faire comprendre dans une société manichéenne ou à ses petits camarades qui la somme de choisir son camp.

    «  Ce qui est peut être plus embêtant, poursuit Florence, ce sont les tiques. Il faudra prévoir des vêtements couvrants et chauds, car nous allons être dehors assez tard et, […] il peut faire frais ».

    L’ouvrage aborde assez naturellement des sujets d’actualité brûlants ou clivants comme le voile, les régimes alimentaires à la cantine, ou l’embrigadement des ados sans se focaliser dessus ni les taire. L’écologie, la chasse, la stigmatisation, les trajectoires individuelles, l’acceptation des différences et surtout le passage de l’enfance à l’adolescence, des doutes à l’affirmation de soi, traversent le livre. Il nous rappelle ainsi que le collège est une micro-société où se reflètent toutes les difficultés rencontrées à l’échelle d’un pays, telle une loupe grossissante, avec la naïveté, la spontanéité et parfois la brutalité des adolescents. Les adultes, professeurs et parents, cherchent le moyen de les canaliser, les intéresser et leur apprendre à se méfier des idées toutes faîtes, glanées au détour des réseaux sociaux ou par l’intermédiaire d’un camarade mal intentionné.

    « Il y a beaucoup de second degré chez Riad Sattouf, même si ses livres sont très autobiographiques. D’ailleurs, vous-même vous n’en manquez pas, de second degré, hein, Malik ? »

    Un premier roman pour collégiens qui semble s'inspirer de la vie de son autrice Touria Arab-Leblondel, elle-même empreinte de plusieurs cultures, et de celle de ses enfants pour les dialogues vivants et le langage actuel des personnages. Allons donc voir passer les hirondelles et autres oiseaux aux milles nuances.

    Image: édition Milan

  • Une humanité en peine

    "L'évolution de nos gènes et les performances exceptionnelles de notre cerveau nous ont doté de ce pouvoir de créer, en même temps qu'ils nous ont rendus vulnérables aux désordres de l'esprit". (p.46)

     

    raphaël gaillard,un coup de hache dans la tête,éditions grasset,schizophrénie,bipolarité,dépression,art,créativité,troubles mentaux,Février 2022Un coup de hache dans dans la tête, paru chez Grasset, est un essai atypique sur le lien entre créativité et troubles mentaux. Après son titre accrocheur, la rigueur scientifique (études en neurosciences) est de mise pour progresser dans la confirmation d'intuitions pratiques puisque Raphaël Gaillard est psychiatre à Saint-Anne. Également normalien de formation et sensible à la culture, l'ouvrage s'enrichit naturellement de réflexions philosophiques, artistiques ou littéraires puisque le code ADN du créatif partage in fine celui du schizophrène (1% de la population), du bipolaire (2à 3 %) ou du dépressif (1 personne sur cinq potentiellement) et que la mince frontière entre les deux est affaire de représentation du réel. Elle pourra confiner à l'oeuvre d'art chez l'un alors que le dénommé malade saurait se perdre dans les méandres de la pensée. 
    A l'ère de la conscience (collective et transpersonnelle) le cerveau atteint peut-être, selon l'auteur, son paroxysme de fonctionnement mais les réactions différent quant au traitement de l'information augmentée.
    Cette loterie aléatoire ne permet pas, à l'aune de cette sérieuse étude, de stigmatiser les uns ou de les catégoriser, ce qui reviendrait, à rebours, à déprécier l'oeuvre d'un auteur borderline, si l'on étudiait l'histoire de l'art par exemple. D'autant plus qu'une fêlure toute mentale, ce "petit coup de hache dans la tête qu'ont  les grands artistes" (qui est une citation de Diderot), pourrait aussi permettre à l'infortuné patient de court-circuiter la pensée et d'accéder à un autre langage : l'inspiration céleste ou Verbe, voire l'imagination active (les surréalistes ou le courant des mélancoliques en témoigne).
    Profondément empathique, Raphaël Gaillard nous offre une belle leçon d'humanité pour mieux revenir sur nos jugements hâtifs envers le handicap psychique et notre définition de la folie, desquels le chamane a récemment été réhabilité.