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Amour - Page 7

  • La clé du bonheur

    La liberté véritable n'apparaît que lorsque nous sommes capables de lâcher prise de notre souffrance et de revenir en nous. La liberté est le bien le plus précieux qui soit. Elle est le fondement de notre bonheur, et elle nous est offerte à chaque respiration consciente (p.23)

     

    L'Art de communiquer en pleine conscience,Thich Nhat Hanh,Courrier du Livre, éditions Guy Trédaniel,village des pruniers,Le Courrier du Livre réédite l'Art de Communiquer en Pleine Conscience de Thich Nhat Hanh (1926-2022).
    Avec des mots simples, l'essentiel est abordé. Revenir à soi, sa respiration, assis ou en marchant. Se réapproprier son corps, être présent à ce qui est, en conscience.
    Accueillir la souffrance, la sienne transgénérationnelle puis ensuite celle d'autrui. Voir et respirer.
    Enfin parler en conscience, prendre le temps, choisir les mots, veiller à ses pensées et diffuser harmonie et paix, une parole juste.

    L'auteur aborde également la pratique collective et ses bienfaits pour le groupe (le village des pruniers où il résida 20 ans ou tout autre groupe de travail) ou la nation, si elle était mise en place en plus haute instance.
    Un livre qui fait du bien, accessible et pratique, quintessentiel.
    Thich Nhat Hanh nous a quitté physiquement après avoir beaucoup semé, mais ses écrits restent. Une pédagogie pour devenir plume dans le vent !

  • Une cristallisation pérenne

    Une partie essentielle du travail de l'aspirant spirituel, une fois qu'il a pris conscience de l'omniprésence du mental dans sa vie, consiste à nettoyer et à rectifier cette lentille déformante, afin de voir ce qui est avec un minimum de distorsion et, éventuellement, de se situer comme Témoin libre du mental. C'est le but de tous les chemins de la sagesse. Le mental crée des conflits, la Paix les dissout (p.72).

     

    Dialogue-avec-un-sage.jpgYvon Ginchereau fut disciple d'Arnaud Desjardins pendant trente ans. Correspondance, entretiens, séjours en Ashrams entre Canada et France jalonnent son initiation dans ce qui s'apparente à une véritable science de l'êtreté.
    L'ouvrage Dialogues avec un Sage, publié aux éditions Accarias l'Originel, est parsemé d'extraits épistolaires et retrace le processus pour devenir un réel disciple, l'assainissement premier du "tout relatif", pour œuvrer à l'élévation spirituelle ensuite. Les particularités égotiques divisent et objectivisent mais le Maître s'intéresse à ce qui relie et rend sujet de l'expérience.
    L'auteur nous prouve ainsi qu'il n'existe pas de déterminisme, de chemin tout tracé et que la voie spirituelle s'adresse à tous (religieux ou pas) mais que peu maintiennent l'effort de vigilance exigé sur un long terme. La naissance et la cristallisation du "témoin conscient" et détaché du processus mental (émotions et pensées sous leurs aspects négatifs mais aussi positifs) prend du temps et demande une pratique continue. Sans l’œil avisé d'un maître spirituel elle est d'ailleurs souvent vouée à l'échec.
    Le témoignage d'Yvon Ginchereau explicite les moyens habiles déployés par le Sage guru pour séduire et "hameçonner" l'apprenti disciple mais nous montre également sa véritable compassion et communion envers les êtres englués dans des automatismes et mécanismes égotiques.
    Psychologue de formation, l'auteur rappelle son engagement volontaire à mener le monde à sa guérison. In fine détaché de son corps de souffrance, il est devenu à son tour un témoin phare de la tradition de l'Advaïta Yoga, dans la droite lignée du maître d'Arnaud Desjardins, Swamiji Prajnanpad

  • L'amour en partage

    La voie de Swami Prajnanpad est une invitation constante à émerger du monde de l'enfant, submergé par ses émotions, ses peurs, ses fausses croyances ("je ne suis rien, personne ne m'aime, on est toujours trahi, je serai de nouveau abandonné..."), pour vivre enfin  dans le monde de l'adulte, en phase avec la réalité telle qu'elle est...Grâce à Lee et aux circonstances dont il avait su habilement tirer parti, je n'étais pas impuissante face au monde de l'enfant, j'avais la capacité d'en sortir et de me situer tout autrement (p.106).

     

    La Parole Retrouvée - un voyage avec Lee Lozowick,Veronique Desjardins,éditions le Relié,Swami Ram Das,Yogi Ramsuratkumar,Arnaud desjardins,Castaneda,Gurdjieff,soufisme,Bazar sacré,artefacts,Swami Prajnanpad,Janvier 2025Avec La Parole Retrouvée - un voyage avec Lee Lozowick, Véronique Desjardins replace l'instructeur américain à sa hauteur de tâche. Elle décrit les liens unissant son enseignement (dans la lignée de Swami Ram Das et Yogi Ramsuratkumar) et celui d'Arnaud Desjardins dont elle fut élève et épouse, leur solide amitié et la spécificité originale et atypique de Lee Lozowick, à la fois chanteur rock, brocanteur (le bazar  sacré), chef de clan et enseignant spirituel.
    La complémentarité des deux "gurus" permit, pendant et après leur mort distante de neuf mois, des échanges de disciples pour une meilleure compréhension des mécanismes de défense avec un point de vue extérieur autre.
    Véronique Desjardins nous fait partager avec délectation ses tourments intérieurs dans son road trip américain et l'on perçoit mieux la convergence des voies (voie du rêve avec Castaneda, 4eme voie avec Gurdjieff, soufisme...) et leur résonance en France avec les éditions du Relié ou de la Table Ronde (les chemins de la sagesse), qu'elle dirigea pendant 17 ans.
    Enfin ce livre est aussi l'émergence d'une parole féminine dans un milieu très masculin et les difficultés inhérentes pour affirmer son rang, sa place et sa différence. Anecdotes de choix, jalons ou pistes de réflexions parsèment avec mesure ce nouvel essai, écrit avec clarté d'esprit, le rendant fluide et captivant.
    Souvent derrière, parfois avec ou en présence de guides spirituels, Véronique Desjardins est à l'initiative d'un groupe de femmes intéressées par l'enseignement de Swami Prajnanpad, depuis la disparition d'Arnaud Desjardins. On l'espère prochainement autonome et sereine dans la guidance de disciples hommes comme femmes, pour illuminer l'époque de torches vivantes !

  • Etre et non-être en questions

    Le matin je dors
    Je me réveille la nuit
    J'envoie du vent à Paris (p.58)

     

    Le-Moine-et-l-Enfant.jpgAvec Le Moine et l'Enfant, paru chez Synchronique Éditions, Fabrizio Bajec relate quelques "dialogues zen avec sa fille", entre 3 et 6 ans.
    En quête personnellement, il a su percevoir ce qui chez sa fille Arielle, relevait de l'innocente pureté, de la sagesse innée, du don de prophétie ou encore de l'accueil à l'instant.
    Disciple du présent, il s'est évertué à manduquer quelques réponses de celle-ci comme de véritables koans, suscitant l'ouverture subite à une profondeur inégalée.
    Conscient de la fugacité de ces jeunes années "reliées" (à l'Ange ? la Source ? Le Guide intérieur ?) et dans un contexte bienveillant d'écoute, d'où le silence se meut en verbe, Fabrizio Bajec nous propose ce beau petit recueil joliment et poétiquement illustré par Églantine Amosee (suminagashi) et Alain Plaignaud (sumi-e) qui suscitera à n'en pas douter, surprise, doute ou curiosité. Un beau cadeau à ceux pour qui l'esprit d'enfance ne s'est jamais tari.   

     

  • Mafalda notre héroïne

    Mafalda mon héroIne,Quino,Pénélope Bagieu,Florence Dupré La Tour,Maëlle Reat,Vero Cazot,Maud Begon,Soledad Bravi,Agathe de Lastic,Marie Bardiaux-Vaïenté,Gally,Anne Simon,Emilie Gleason,Aude Picault,Florence Cestac,Premier souvenir de Mafalda : au collège, en cours d'espagnol. Traduire ce que voulait dire l'héroïne, difficile ! Peut-être est-ce sa bouille ou son air déterminé plutôt que ses paroles "énigmatiques", Mafalda m'a aussitôt plu ...
     
    Aujourd'hui, elle fête ses 60 ans, Quino, son auteur argentin décédé en 2020 aurait sans doute été très fier ! En effet, Glénat réunit 13 autrices qui lui rendent hommage avec l'album Mafalda, mon héroïne. Les dessinatrices ressuscitent ainsi la petite fille à notre époque. Le plus amusant est de découvrir les nouveaux traits de Mafalda à travers les coups de crayon de chacunes d'entre-elles. À commencer par la première de couverture où apparaît une Mafalda toujours pétillante et souriante avec ses épais cheveux noirs et sa belle robe rouge accompagnée de son amie la Terre, merci Pénélope Bagieu.  
     
    Plusieurs autrices imaginent leur rencontre avec Mafalda et c'est pour le moins décoiffant. Florence Dupré La Tour (argentine, qui a grandi avec ses albums) et Maëlle Reat doivent raconter à la petite-fille l'état actuel du monde..."plus tu es en bas de l'échelle sociale plus tu as d'étages à monter" dixit cette dernière. Sympa la veste-survet' rouge pour Mafalda ! Chez Véro Cazot et Maud Begon, la pauvre enfant se retrouve projetée par erreur 60 ans plus tard. Sa mère travaille, ses amis sont totalement à l'aise avec "l'uberisation", les vidéos en ligne et le métier d'influenceuse pour Susanna. Petit coup de cœur pour les dessins et la réinterprétation trop "cute" des personnages. 
     
    En 2024, Mafalda se bat plus que jamais contre le patriarcat, ce ne sont pas Soledad Bravi et Agathe de Lastic qui diront le contraire. Notre héroïne préférée retrouve tous ses amis et a toujours beaucoup d'ingéniosité et de diplomatie pour régler les conflits. Les dessins sont vraiment très précis et les trois couleurs blanc, noir, rouge siéent parfaitement à Mafalda. Chapeau à Marie Bardiaux-Vaïente et Gally. Même après 60 ans la jeune senior s'indigne toujours contre le statut de la femme, de l'enfant ou s'affole contre la dernière trouvaille de Manolo "Une clémentine sans peau emballé dans du plastique". Elle n' a rien perdu de son esprit avec Anne Simon
     
    La cause animale a trouvé une nouvelle égérie avec celle qui rêve depuis toujours que le monde aille mieux. Emilie Gleason nous permet de voyager dans l'imaginaire féerique de Mafalda. Ça fait du bien même si la réalité nous rattrape toujours. D'ailleurs, ça y est, l'héroïne est devenue adulte, n'est-ce pas Aude Picault ? Elle doit travailler et supporter les humeurs de Susanita enceinte mais heureusement elle a toujours horreur de la soupe. Ouf ! 
     
    Le mot de la fin revient à Florence Cestac qui rassemble deux héroïnes Mafalda et Olive Oyl...vive la BD féminine et féministe ! 

  • Sonder l'Un-conscient

    Dieu fait chair ne nous demande rien d'autre. Il n'attend pas de l'homme la perfection. Seulement, que nous tentions, de toutes nos forces, de tout notre cœur, de tout notre esprit d'aimer. D'aimer Dieu, l'autre et soi-même, car c'est tout un. D'aimer Dieu en l'autre et en soi. (p.98)

     

    Jocelyne Delafraye,Sous les pavés le ciel,éditions Lazare et capucine,Maurice Zundel,Annick de Souzenelle,Lytta Basset,Françoise Dolto,Christ,Amour,Septembre 2024Sous les pavés le ciel, paru aux éditions Lazare et Capucine, de Jocelyne Delafraye, est un plaidoyer pour le dieu d'Amour christique. Appelée, se sentant inconditionnellement aimée, toute sa vie s'est mise au service de l'autre, qui est reflet divin.
    Psychanalyse et foi se complètent dans ses écrits. Citant volontiers Maurice Zundel, elle détricote les histoires bibliques pour en narrer l'inconscient, souvent étiqueté de mal (ou péché) mais qui n'est qu'ombre mal aimée, maudite.
    Pas d'excuse ici pour l'homme agissant sous le masque de l'ancien dieu (tyrannique, violent, juge...) alors que le pacte nouveau est une relation en conscience, une responsabilité créative plénière afin qu'advienne la paix au quotidien.
    Jocelyne Delafraye milite pour un centre en l'être qui est personnifié et incarné en multitude, pourvu qu'on le cherche. C'est un sacerdoce de le révéler en chacun par un dévoilement de soi transfiguré.
    Dans la lignée d'Annick de Souzenelle, de Lytta Basset ou encore de Françoise Dolto (même profession), l'autrice explicite les évangiles en analysant ses racines juives.  Le ton est doctoral, l'essai de belle facture, le son de cloche cristallin comme la vibration du nouveau-né...à l'esprit.

     

  • Se dévoiler neuf

    Changez le rêve et vous changerez le futur. (p.33)


    Gislaine Duboc,La prophétie de l'espoir,Vega éditions,guy tredaniel éditions,La prophétie de l'espoir, paru chez Véga éditions, de Gislaine Duboc, pourrait s'assimiler à une relecture inspirée des mythes fondateurs de l'occident (Genèse et Apocalypse), fruit d'un dialogue chamanique.
    l'autrice distingue Adam d'Eve dans leur appréhension du monde, en tant qu'esprit imaginatif pour l'un et corps sensible pour l'autre, dans leur aperception verticale ou horizontale de l'information également, qui confère à l'avènement d'un collectif en meute ou en tribu.  
    L'avènement d'Eve dans notre monde agonisant est la prophétie de l'espoir, comme elle fut son initiatrice et guide intérieur.
    Son vécu et destin de chamane lui confère en effet une sensibilité accrue au vivant qui s'exprime par une reliance vibratoire dans et hors du corps. Cette capacité de dialogue infini avec d'autres mondes (esprits ou mémoire akashique) apporte une richesse réflexive pour cheminer du "multiple à l'un" et s'approcher de la vérité sans l'asséner. Elle rappelle que ce don de (clair-)voyance, désignant bibliquement parlant un prophète, ne vaut que par l'écoute d'un scribe  ou d'un disciple audiant. Ce livre captivant est donc avant tout une rencontre entre deux univers (multivers même), ceux du lecteur et de  l'auteur, plébiscitant implicitement un être relié plutôt que connecté ou augmenté, soit l'être pleinement humain face à l'homme-dieu ou voulu tel.
    Chamane d'instinct et de tâche (sa seconde naissance), Gislaine Duboc évoque l'état de co-naissant avec la capacité à connecter la Source de toute sagesse. "Se laisser vivre" débarrassé du diktat de la mort, comme "aimer ce qui nous détruit" (le feu qui transforme la matière ou la souffrance, par exemple) sont d'autres mantras qu'elle a fait siens et qui font sens dans son quotidien.

    Une vision somme toute très christique de la vie après un long voyage de déconstruction et de réinterprétation de l'archétype divin présent et advenant en soi (au masculin ou au féminin) et demandant à n'être que nouveau, dépoussiéré de l'ancien filtre.