blogger hit counter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Conte

  • Les racines de l'être

    Ulysse de Taourirt,Abdelwaheb Sefsaf,Arezki Sefsaf,Aligator,Clément Faure,Anthony Gatta,Malik Richeux,George Baux,Nestor Kea,Souad Sefsaf,Lina Djellalil,Marion Guerrero,Alexandre Juzdzewski,Pierrick Arnaud,Jérome Rio,Arnaud Perrat,

    C'est toujours un plaisir de retrouver Abdelwaheb Sefsaf sur scène, avec ce phrasé théâtral qui le caractérise, sa joie de vivre et son écriture ciselée et engagée.
    Ulysse de Taourirt s'est joué trois jours complet, avec un public varié et enthousiaste, au théâtre du Point du Jour, un spectacle originellement privé de représentations, faute au COVID, et qui rend un vibrant hommage au père immigré algéro-kabyle d'Abdelwaheb, Arezki Sefsaf.
    Le spectacle oscille entre la vie remplie et tumultueuse de ce dernier et celle, adolescent stéphanois banlieusard du fils passionné de théâtre.
    Parsemé de chansons entraînantes ou poignantes (en Kabyle) avec son groupe Aligator (Clément Faure-guitare et oud, Anthony Gatta-batterie et percussions, Malik Richeux-piano violon et accordéon), entrecoupé de projections cinématographiques (une affaire de famille !) sur un bloc monolithique creux à dessein (scénographie subtile de Souad Sefsaf et Lina Djellalil), Abdelwaheb nous immerge dans son quotidien des années 80 et croque la France et son histoire post coloniale comme personne, avec humour et poésie.
    Le pudique et vénéré Arezki se livra sur son lit d'hôpital, sans voir le résultat final mais, au regard du degré vibratoire insufflé par les protagonistes sur scène, son esprit planait sans nul doute dans l'air, le rendant encore plus vivant dans la mémoire collective.

    @crédit photo : Christophe reynaud de Lage

  • Mains et maintes femmes

    la reine aux mains d'argent,faste et furieuse,inès chassagneux,jeanne henry,océane lutzius,alice perrier,théâtre de l'uchronie,décembre 2025,marguterie,november ultra,billie eillish,la jeune fille sans mains

    Peut-être connaissez vous le conte de La jeune fille sans mains ? La Compagnie Faste et Furieuse le transforme dans La Reine Aux Mains d'Argent, présentée au Théâtre de l'Uchronie jusqu'au 20 janvier.  Trois comédiennes, Jeanne Henry, Océane Lutzius et Alice Perrier, nous embarquent dans la demeure d'un pauvre bucheron, dans des forêts sombres et infinies, dans les jardins luxuriants d'une députée ou en face à face avec le diable.  On y croise également Baba Yaga, les esprites et autres trouvailles contemporaines. Citons par exemple entre November Ultra et Billie Eillish  le titre One step de Marguterie, artiste lyonnaise, qui sied parfaitement à l'atmosphère crée par l'autrice et metteuse-en-scène Inès Chassagneux. Au plateau, elles sont conteuses, joueuses, magiciennes, et nous emportent au cœur d'une histoire étonnante, vibrante et féministe menée de maintes mains scintillantes de reines. 

    Rencontre joyeuse avec Inès Chassagneux, à l'origine de la Compagnie Faste et Furieuse :

    podcast

    Photo: Compagniefasteetfurieuse.com

     

  • Richesse et profondeur du mythe

    Mélusine est là pour guider les femmes qui aspirent à retrouver leur fierté et la dignité de leur sexe...qui cherchent à être, à agir à partir de leur propre essence. Leur pouvoir régénérateur et créateur, puisant aux sources de la vie et de leur germe divin, est intact au fond de chacune d'elles et attend d'être revivifié (p.18)

     

    Mélusine fée et femme,Audrey Fella,Le Courrier du Livre,mythe,Jean d'Arras,Corps de lumière,Soi,double angélique,Mélusine, fée et femme est le nouvel essai d'Audrey Fella, publié au Courrier du Livre. Il y a 20 ans paraissait Mélusine et l'éternel féminin, de la même autrice, son versant plus intellectuel, rationnel et livresque. Car entre-temps l'âme s'est déployée, quelqu'un s'est trouvé, l'intériorité s'est affinée, la personne qu'elle fut est devenue individu, reliée à un centre divin, qui est cœur.
    C'est de tout cela qu'est fait ce livre, en plus d'être féministe, par le truchement d'une figure mythique lunaire et lumineuse, mi femme mi serpent, apparue sous la plume de Jean d'Arras en 1393. En peu de lignes, avec clarté et rigueur synthétique, sont exploités sa légende, sa figure, sa symbolique et son archétype initiatique, fruit d'un cheminement littéraire et alchimique.
    Mélusine personnifie les nécessaires mues dans un bain salvifique et régénérateur (le Soi) afin de spiritualiser la matière égotique, pour être davantage.
    Ce double de lumière peut être apparenté au corps lumineux, immortel qui se manifeste à force de frictions, souffrance volontaire ou remords de conscience, étant indifférencié chez l'homme ou la femme.
    Ce germe de foi nommé Paix, Amour ou Donne, infuse sagement en certains êtres et se diffuse secrètement en tous lieux, à la fois agent et pilier d'un nouveau monde espéré de tous nos vœux.

     

  • Des modèles archétypiques

     

    Les femmes inoubliables,Jacqueline Kelen,éditions du Cerf,mythes,figures féminines,Septembre 2025Les femmes inoubliables de Jacqueline Kelen réapparaît aux éditions du Cerf et nous offre 33 portraits d'égéries éternelles.
    Ce manuscrit réédité, datant de 1997, donne sa part belle aux mythes et aux classiques de la littérature. l'Autrice s'est incarnée dans chacune des figures féminines (avec l'emploi du je), poussant le luxe d'écouter les opéras afférents, pour mieux se laisser inspirer par l'esprit derrière les lettres.
    On y retrouve ce qui constituera l'armature de l'œuvre littéraire de Jacqueline Kelen, cette pourfendeuse moderne de l'amour courtois et chevaleresque.
    L'ouvrage est également un prisme de 33 facettes de l'Amour inhérent aux femmes, à la fois mystère et force, idéal et dernier mot.
    Penthésilée, semble une femme d'aujourd'hui; Médée la plus terrible nous apparaît sous un nouveau jour ; Cassandre représente l'ancêtre de toutes les femmes qu'on n'écoute pas, qu'on ne croit pas. On (re)découvre Aréthuse, sans cesse poursuivie; Europe, enlevée et devenue invisible ou Marguerite (é)perdue par l'amour humain. Viviane, Danaé ou encore Dulcinée nous inspirent... Écrit il y a une quart de siècle, on ne sait si l'essayiste a retouché certains passages.  Néanmoins les mythes restent salutaires car ils permettent d'insérer un affect dans une énergie dépassant la simple personne, pour mieux l'intégrer dans une cartographie symbolique structurante et constructive. Un livre féministe d'avant garde qui redonne au féminin ses lettres de noblesse et son esprit.

     

  • L'histoire officieuse

    978-2-7029-2972-8_Couverture_1400x2062.jpgOttavia Marangoni signe Divines et Dévouées au courrier du livre, sur la place des femmes dans l'histoire des religions.
    Illustré et littéraire, l'ouvrage est une quête ou un enquête sur les traces laissées par le féminin en France, dans l'ombre de l'église. Souvent occultée ou dépréciée, la femme s'est vue diabolisée (notamment avec la chasse aux sorcières au 15ème siècle) alors qu'elle ne demandait qu'une égalité de droits et de fonction pour baptiser, soigner ou prophétiser (Jeanne d'Arc, les sybilles).
    Hymnes à la lune, à la nature, à la nuit, aux plantes médicinales...autant de variantes d'un culte parallèle qui exista de tout temps, consigné dans les contes, légendes ou dans la pierre et quelques œuvres d'art sauvegardées.
    Le titre est un pied de nez à l'histoire biblique officielle où les patriarches et figures masculines ont le beau rôle. Dans les faits, Jésus ou Mahomet en témoignent, les femmes initiées ou initiatrices (Marthe, Marie-Madeleine, Herodiade, Aïcha, Fatima...), disciples ou confidentes, furent bien présentes et actives, jusque dans les écrits officiels ou apocryphes.
    Sous la gomme, Ottavia Marangoni parvient à faire revivre le trait initial et à rendre honneur à celles qui transmirent à travers siècles, une flamme vive de la foi originelle.

     

  • Notre vérité intérieure

    Tout ce dont nous sommes conscients est image, et l'image est âme. Pratiquer l'imagination active revient alors à faire l'expérience de l'âme (p.46)


    Se désidentifier de ce qui nous fascine est au cœur de la démarche jungienne, et permet de naître à soi-même comme sujet indépendant de toute tutelle (p.119)


    Dialoguer avec son inconscient - Jung et l'imagination active,Jean-François Alizon,Editions Imago,différenciation,imaginal,Soi,Animus,Anima,Ombre,C.G Jung,complexes,archétypes,Les éditions Imago publient Dialoguer avec son inconscient - Jung et l'imagination active, de Jean-François Alizon.
    L'ouvrage est salutaire, explicatif et permissif sur la pratique même s'il rappelle les dangers inhérents pour un moi non conscient (risque de psychose).
    L'auteur retrace l'historique de la méthode, ses célèbres praticiens notamment dans l'univers littéraire, mais aussi sa singularité au sein des autres outils thérapeutiques d'investigation de l'inconscient.
    Complémentaire à l'analyse des rêves pour Jung, l'imagination active permet de structurer et de texturer un moi fragilisé en l'innervant d'éléments personnels refoulés ou d'éléments collectifs mythiques. Interventionniste, la visualisation consciente oblige le moi à l'initiative, comme dans un rêve contrôlé, pour s'approprier des énergies symboliques vivifiantes.
    Le but est l'indépendance et la liberté d'être en se désidentifiant de complexes psychiques généalogiquement hérités ou présents dans notre imaginaire/imaginal.
    Intéressé par l'œuvre fantasque et variée du psychiatre zurichois, son ouverture religieuse et sa parenté protestante, Jean-François Alizon livre ici un recueil pratique et théorique assez complet sur le sujet, validé par ses pairs et riche en anecdotes. Un guide suffisant pour s'initier à ce qui advient du tréfonds de notre psyché, en totalité.  

     

  • Un corps texte

    Euh-Comment-parler-de-la-mort-aux-enfants.jpgDelphine Horvilleur revient chez Grasset-Bayard avec un format court : Euh...Comment parler de la mort à nos enfants.
    Être rabbin c'est un peu selon elle, comme être conteuse. Témoignages et histoires drôles, émouvantes ou joyeuses émaillent donc cet essai qui se veut pédagogique, à hauteur des jeunes âmes ou pour les parents taiseux sur la mort, souvent par peur (infondée) de décevoir.
    Le livre parle à l'intelligence des enfants de tous âges en replaçant la mort dans un contexte évolutif (à travers des coutumes plus anciennes par exemple) et dont le narratif, la façon dont on parlera du  défunt, importe grandement.
    Une conclusion de bon aloi ponctue les quelques pistes de réflexion esquissées, en faisant la part belle à la transmission.
    Un livre éducatif et ludique, pour ne pas trop affirmer ni se prendre trop au sérieux sur le sujet.