blogger hit counter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Voyage - Page 2

  • Les racines de l'être

    Ulysse de Taourirt,Abdelwaheb Sefsaf,Arezki Sefsaf,Aligator,Clément Faure,Anthony Gatta,Malik Richeux,George Baux,Nestor Kea,Souad Sefsaf,Lina Djellalil,Marion Guerrero,Alexandre Juzdzewski,Pierrick Arnaud,Jérome Rio,Arnaud Perrat,

    C'est toujours un plaisir de retrouver Abdelwaheb Sefsaf sur scène, avec ce phrasé théâtral qui le caractérise, sa joie de vivre et son écriture ciselée et engagée.
    Ulysse de Taourirt s'est joué trois jours complet, avec un public varié et enthousiaste, au théâtre du Point du Jour, un spectacle originellement privé de représentations, faute au COVID, et qui rend un vibrant hommage au père immigré algéro-kabyle d'Abdelwaheb, Arezki Sefsaf.
    Le spectacle oscille entre la vie remplie et tumultueuse de ce dernier et celle, adolescent stéphanois banlieusard du fils passionné de théâtre.
    Parsemé de chansons entraînantes ou poignantes (en Kabyle) avec son groupe Aligator (Clément Faure-guitare et oud, Anthony Gatta-batterie et percussions, Malik Richeux-piano violon et accordéon), entrecoupé de projections cinématographiques (une affaire de famille !) sur un bloc monolithique creux à dessein (scénographie subtile de Souad Sefsaf et Lina Djellalil), Abdelwaheb nous immerge dans son quotidien des années 80 et croque la France et son histoire post coloniale comme personne, avec humour et poésie.
    Le pudique et vénéré Arezki se livra sur son lit d'hôpital, sans voir le résultat final mais, au regard du degré vibratoire insufflé par les protagonistes sur scène, son esprit planait sans nul doute dans l'air, le rendant encore plus vivant dans la mémoire collective.

    @crédit photo : Christophe reynaud de Lage

  • Nicolas Fraisse en personne

    Nicolas Fraisse,Benoit Flamec,Je sors de mon corps et alors,Guy Trédaniel éditions,ISSNOE,Sylvie Dethiollaz,Claude-Charles Fourrier,Carlos Castaneda,corps de rêve,Dialogues avec l'Ange,Janvier 2026Je sors de mon corps, et alors ?, est une bande dessinée de Benoît Flamec sur et avec Nicolas Fraisse pour le scénario et parue aux éditions Trédaniel.
    Doté de nombreux dons affiliés spirituels (clairvoyance, claire audiance, OBE, télépathie...), pour certains naturels depuis l'enfance, Nicolas Fraisse a eu un peu de mal et de peur à se comprendre et se faire accepter tel, sans qu'on le prenne pour un monstre surhumain ou un extra-terrestre.
    Ce premier volet décrit sa vie de "super pouvoirs" dans un quotidien ordinaire, pour mieux dédramatiser le phénomène, et sa rencontre cruciale avec deux explorateurs de la conscience qui repoussent les limites de la science et l'aideront à mieux vivre sa particularité.
    Le scénario est pour le coup passionnant et mériterait une suite tant les anecdotes cocasses sont nombreuses. Nicolas Fraisse met du piment et de l'originalité dans la vie alentour, avec un peu moins de pression sur ses épaules le temps passant , et c'est tant mieux.
    Un super personnage de BD est né, non fictif pour le coup, français, et à qui l'on souhaite du succès.

    Rencontre matinale avec le sympathique Nicolas Fraisse (3 fois 9min) :


    podcast


    podcast


    podcast

  • Une fable immersive

    Joris Mathieu,Cornucopia d'autres mondes possibles,Comédie de Saint-Etienne,Nicolas Boudier,Nicoolas Thévenet,Siegfried Marque,Rachel Garcia,Llana Cavallini,Véronique Lorne,Nina Genre,Amélie Mallet,Anthony Lampin,Juliette Joseph,compagnie Haut et court,Janvier 2026

    Nous sommes les descendants des derniers survivants de l’humanité, et notre cité s’appelle Cornucopia, d’autres mondes possibles, à l’endroit même de la Comédie de Saint-Etienne. Notre histoire est écrite et mise en scène par Joris Mathieu. L’Agora permet de suivre les aventures de trois humains du futur (Vincent Hermano, Marion Talotti et Philippe Chareyron). Nous vivons sous la protection des pierres d’oxygène, avons la liberté totale de genre, de prénom, de style, de métiers mais devons laisser la place dès qu’une naissance arrive car notre rêve n’est pas encore advenu : la société de l’abondance. Nos vêtements sont inspirés de la nature, des animaux, notre lumière est comme une luminescence organique, nos songes, eux, sont projetés à toute l’Agora. Venez découvrir notre vie utopique, où l’espoir d’une société égalitaire, universelle et poétique côtoie les travers humains. Il reste la capacité de l’art théâtral à inventer d’autres mondes, dans lesquels la compagnie Haut et Court nous emmène, nous immerge et nous subjugue. Rencontre à l’issue de la représentation avec Joris Mathieu, son créateur et ancien directeur du TNG de Lyon jusqu’en 2025 (9 min). 


    podcast

  • Lumière sur le Coran

    La construction d'une référence mythique au passé qui se produit avec la société de l'empire abbasside est extrêmement positive : elle permet d'actualiser la croyance en allant de l'avant. L'invention du salafisme moderne et contemporain est son exact opposé : elle répond à une situation de crise en proposant de se réfugier mentalement dans le passé, et non pas en cherchant a inventer le futur (p.90).

     

    Le Coran des Lumières,Jacqueline Chabbi,éditions Grasset,Le Coran des Lumières de Jacqueline Chabbi, paru chez Grasset, est un formatage synthétique de podcasts intitulés les mots du Coran, créés en 2018, sur Facebook et YouTube.
    L'autrice, agrégée d'arabe et adepte de l'anthropologie historique, s'attaque à la syntaxe et au contexte (terrain historique, géographique et socio-culturel) de la révélation du Coran, le 7ème siècle plus précisément où l'oralité et les liens tribaux étaient de mise.
    Pourfendeuse des contresens et idées projetées, elle revient à la Parole reçue d'avant l'Islam, avant sa mise a l'écrit et sa volonté de rayonnement (Hadiths, hagiographie du Prophète...), un siècle plus tard.
    Le combat de Jacqueline Chabbi semble être en profondeur celui de l'obscurantisme et de l'idéologie mortifère à la mode alors que le Dieu du Coran, Allah, est par essence du côté de la Vie et du protectorat, dans l'environnement rude où il prît naissance.
    Ce parcours rigoureux et exemplaire mériterait d'être couronné d'une traduction dudit texte sacré, afin de se rapprocher encore plus d'un monothéisme pur,  sans associationnisme ni ajout fantasmé, pourvu que l'autrice y consente ou s'y sente missionnée..

  • Emmitouflées et subjugués

    Encabanée,Gabrielle Filteau-Chiba,Lou Martin Fernet,Eugénie Bernachon,Jason Razoux,Thibault Lamy,Christophe Gaultier,Joseph Kildine,théâtre des Clochards Célestes,14 Décembre 2025,Lyon

    Succès pour la pièce musicale Encabanée, qui s'est jouée au théâtre des Clochards Célestes, véritable découvreur de nouveaux talents. Écrit par une québecoise éco-féministe, Gabrielle Filteau-Chiba, ce premier roman d'une trilogie, raconte sa réelle expérience en solitaire d'une vie en forêt (dans le Kamouraska) à -40°, pour retrouver des sensations originelles d'avant le monde moderne et son devenir malheureusement écocide.
    A l'initiative de Lou Martin-Fernet, ce projet a vite intégré une bande son "sauvage" par l'entremise d'Eugénie Bernachon, également comédienne et autrice d'un premier disque abouti et prenant, Baïnes sous le nom Joseph Kildine (avec Thibault Lamy à la production sonore). Christophe Gaultier a mis en scène ce duo féminin, qui brille par sa qualité d'écoute et interprétation, par le truchement d'artifices théâtraux, comme le prolongement fictif intérieur du personnage principal.
    Rencontre avec les 4 protagonistes à l'issue de l'avant dernière représentation (11 min) :


    podcast

    @crédit photo : Fb collectif 70

  • Impro-vision

    561250463_1447439117382069_4108083473412371867_n.jpg

    L'habité trio Malqa (accueil en arabe) est passé par le Théâtre de la Renaissance d'Oullins, dans le cadre du festival Sens Interdit, proposant une musique expérimentale hybride entre Instruments classiques (voix et Oud), machines et objets sonores. Inclassables, c'est l'écoute et les liens artistiques entre la chanteuse palestinienne Kamilya Jubran, Loïc Guénin et Eric Brochard (membres du groupe Noorg) qui composent une partition originale, unique et improvisée sous nos yeux, à base de loops analogiques, de nappes répétitives et de sons intrusifs d'objets recyclés, autour d'un canevas poétique.

    L'entente et l'interrelation entre membres et publics donna lieu à un magma sonore tantôt strident tantôt tempéré, trans-historique, avec des respirations plus épurées, comme une seule et même mélopée de plusieurs strates, dont la durée paraissait extensible à souhait à mesure du plaisir pris à triturer et distordre les sons.

     Rencontre d'après concert avec les trois artistes amoureux de la vibration (10 min) :


    podcast

  • Une âme déterminée

    Tiziano.jpeg

    Wayqeycuna de Tiziano Cruz Marque le début du festival sens interdit et se joue au théâtre du point du jour.
    Fort de son aura et succès au festival d'Avignon 2024, la salle était pleine pour cette première à Lyon, pour acclamer l'auteur et interprète vivant, vrai, présent et rayonnant, malgré un narratif triste et poignant : Il est question de la représentation de l'art indigène dans un milieu culturel à dominance élitiste (donc blanche).
    Tiziano Cruz nous parle de ses racines (le plateau argentin), de son enfance, de son père, de sa sœur décédée (brutalement et sauvagement) et d'une cérémonie traditionnelle en son honneur au pays. Lui qui a su s'élever et parcourt désormais le monde comme témoin, incarne puissamment cette culture autochtone pauvre (coyas) et souvent victime des aléas politiques.
    La pièce ne manque pas de spiritualité et tout converge vers une sorte d'eucharistie dont il est finalement l'agneau sacrificiel, sur l'autel du capitalisme. Un thème universel que toute minorité ethnique ou sociale peut revendiquer. 
    Dans un registre à forte teneur émotionnelle, l'artiste s'en sort en dansant, joyeux, avec le sourire radieux d'un émerveillé à la vie...une victoire en soi sur tout déterminisme.

    @credit photo : Christophe Raynaud de Lage